Ouf, Sarko Est Revenu

Ouf, Sarko Est Revenu

PAROLE DE PRÉSIDENT


ENFIN SARKOZY

“ Qui arrêtera l’ingérence du pouvoir médiatique dans le fonctionnement de l’autorité judiciaire ?     Qui arrêtera l’instrumentalisation des procédures par le pouvoir médiatique ? Qui aura suffisamment de courage pour écrire le J’accuse qui manque à notre siècle ? ” Nicolas Sarkozy

Sa voix nous manque.

 

Au Palais de Justice, le 20 mars, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours brillant de finesse et de gravité, d'humour noir comme sa robe d'avocat, devant 300 ténors du barreau de Paris. Un silence religieux. Des rires gourmands. Puis des salves d'applaudissements et d'acclamations crépitant comme des regrets.

 

En pleine "affaire Fillon", l'ancien président a délivré un réquisitoire ciselé contre le "pouvoir médiatique". Il a dénoncé la violation du secret de l'instruction et les condamnations du "tribunal médiatique" dont le seul but est de jeter l'opprobre sur des personnalités publiques. Peu importe que la justice les innocente plus tard, trop tard, trop discrètement, une fois leur honneur sali et le cours de leur vie oblitéré. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose.

 

Alors que les petits justiciers médiatiques, illégitimes et auto-proclamés, continuent à s'affairer méthodiquement sur leur nouvelle cible, François Fillon, afin d'obstruer l'élection présidentielle, ces mots de l'ancien chef de l'État résonnent avec force dans l'urgence d'un réveil populaire. En l'écoutant, on ne peut réfréner une lame de tristesse, qui vous submerge autant que la colère, à l'évidence de la perte d'un immense talent sacrifié sur l'autel des envieux. 

 

Il faut, juste après son discours, s'infliger la dernière élocution publique d'Emmanuel Macron pour comparer l'incomparable et rire jaune, nerveusement. Quand un pays devient aveugle et sourd, adoube les lynchages politiques et applaudit l'expression même de la vacuité, c'est qu'il est tout près de renoncer à sa liberté.

 

RÉSISTEZ AVEC FILLON OU CE PAYS EST FOUTU.

Laurence MW

 


02/04/2017
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SARKOZY VOTERA POUR SARKOZY

VOUS AVEZ AIMÉ LES « PLOUCS » ? VOUS ALLEZ ADORER LE « VOTE POUR HOLLANDE »  !

 

La scène se passe jeudi 27 octobre. Nicolas Sarkozy est chez Bourdin. Le Jean-Jacques est chaud bouillant, des mois qu’il attend ça en trépignant, enfin il va se repayer Sarko. Parce que lui, JJB, il est l’homme qui lui a fait dire en mars 2012 qu’il arrêterait la politique s’il était battu à la présidentielle ! Sacré exploit, hein !!!? Ça c’était d’l'info ! Alors il est fin prêt, le gars Bourdin, des banderilles plein la bouche, prêt pour la mise à mort, vous allez voir ce que vous allez voir, il va achever la bête cette fois ! Et il attaque d’entrée l’ancien président, avec une élégance toute bourdinesque : s’il est battu à la primaire, est-ce qu'il va se retirer de la politique ?! Ahhh ! Mais qu’est-ce qu’il s’aime, notre Jean-Jacques, il adore sa question, il jubile, il est vraiment trop fort !

 

Sourire de Nicolas Sarkozy. Réponse placide : « Je vous retrouve comme je vous ai laissé Jean-Jacques Bourdin, c’est un plaisir » Rigolant

Sans éviter la question pour autant : « Je suis dans un combat pour le gagner. Je ne vous répondrai pas à cette question. » 

Ah ah ! Mais il insiste, le gars Jean-Jacques, il adore la corrida, donc il insiste lourdement, il n’a pas dit son dernier mot, si si vous allez voir, il est le champion du coinçage de Sarko, parce qu’il est toujours là, Sarko, hein, hein ? Il avait dit qu’il se retirait, et il est encore là, hein ...!? D’ailleurs, tiens ! Il lui repasse la vidéo de 2012, la preuve, hein ? Vous l’avez bien dit que vous vous retireriez, ah! ah! ah ! 

 

Nicolas Sarkozy savoure l’instant.

« Oui, et alors ? Je me suis effectivement retiré de la politique. Deux ans et demi. »

Fin du ban.

 

Le Jean-Jacques est Gros-jean comme devant, tout grimaçant. Tout ça pour ça ? Il est arrivé comme un matador, il se retrouve matamore. C’est lui qui vient de perdre les oreilles et la queue, il peut les remettre avec ses faux exploits de journaliste interviewer, dans sa culotte. Et sa morgue avec. Parce que l’estocade finale, c’est pas lui qui va la donner, mais l’ancien président, pouvant à loisir expliquer pourquoi il est revenu après deux ans et demi d’effective retraite. Merci mon bon Jean-Jacques ! Langue tirée :

« En deux ans et demi, ceux qui avaient été mes ministres, mon premier ministre, s’étaient débrouillés pour que ce qui avait été notre formation politique s’effondre. On ne pouvait même plus faire d’élection sans se retrouver en procès les uns avec les autres. Il n’y avait plus d’UMP. Souvenez-vous des affrontements d’une violence inouïe de Monsieur Copé avec François Fillon. Il a fallu qu’on redresse la famille politique. J’ai donc arrêté la politique pendant deux ans et demi puisque je me suis présenté comme un candidat comme les autres. J’ai été élu, 65% au premier tour. On a gagné les départementales, on a gagné les régionales. Madame Le Pen était devenue la seule responsable de l'opposition à l’époque tant nous étions divisés nous-mêmes. Voilà, ce sont les circonstances qui m’ont amené, après avoir arrêté la politique deux ans et demi, à revenir ». Rigolant 

 

Arghhh ! Qu’il regrette de l’avoir posée, sa question, notre JJB ! 

Trop tard.

Bête politique : 1 - Journaliste bête : 0 Langue tirée

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Du coup, nouvelle tentative du Jean-Jacques, avec une nouvelle question sans intérêt, ses questions préférées : 

« Dans un duel Hollande-Le Pen, pour qui voteriez-vous ? » 

Nicolas Sarkozy répond sans hésiter qu’il ne votera jamais pour le Front National.

C’est l’information importante pour quiconque s’intéresse à la politique, car c’est exactement la position inverse de celle prise par Juppé : là où son ancien ministre n’hésite pas à s’allier avec la gauche et Bayrou pour racoler des voix, l’ancien président reste fidèle à ses valeurs incompatibles avec le FN, quitte à en perdre.

Alors oui, quand Nicolas Sarkozy répète deux fois à Bourdin, aussi fin qu’un taureau sans oreilles ni queue Rigolant, qu’il ne votera jamais LE PEN, et que, de guerre lasse, l’autre lourdaud insistant encore, il répond à sa question «voteriez-vous Hollande ?» par un «ce ne serait pas de gaité de coeur», ce n’est pas une information. Car nous savons tous que, comme l’a redit ensuite Nicolas Sarkozy avec une patience infinie, voter Hollande serait «une douleur extrême» Rigolant

 

Aucun scoop. La gauche, la droite, le centre et Bourdin, ayant voté Chirac en 2002 pour éliminer Le Pen père, on se demande bien où est le problème ! Enfin non, on sait où il est, leur problème : comme tout ce petit monde nous rabâche depuis deux ans que Nicolas Sarkozy se «droitise», c’est emmerdant, sa réponse, pour anti-sarkozyster ... Comment faire .... ? Incertain

Ben c’est pas compliqué avec les anti-sarkozystes, ils ne s’embarrassent pas avec la cohérence, l’honnêteté intellectuelle et l’intelligence,  que des trucs qui servent à rien. Non, eux, leur méthode, c’est le simplisme, jugez vous-même la trouvaille : Nicolas Sarkozy renie le ni-ni ! 

 

Alors là les gars, ça va pas du tout ! Après « Sarkozy abuse d'une vieille dame », « Sarkozy trafiquant de cocaïne », « Sarkozy financé par Kadhafi », « Sarkozy joue au Bygmalion » et « Sarkozy et les ploucs » , « Sarkozy renie le ni-ni » ça baisse en gamme ! Rigolant

 

L’explication, si tant est qu’il faille en produire une, c’est que Nicolas Sarkozy n’a jamais exclu aucun Français. Cela lui a d’ailleurs été suffisamment reproché, sur le thème de « Sarkozy s’adresse aux électeurs du FN » ! Alors à trois semaines de la primaire, au coeur d’une campagne médiatique de gauche pro-Juppé, il ne va pas écarter de son électorat la droite modérée. Qui songerait à le lui reprocher ?

Il démontre par sa réponse à Bourdin qu’il est un chef d’État : il sait qu’en politique, il ne faut pas être manichéen avec les hommes, mais intransigeant avec les valeurs. 

 

Bête politique : 2 - Journaliste bête : 0 Langue tirée

 

 

Donc, puisque la priorité médiatique est ni-ni, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa position contre le «front républicain»

Nicolas Sarkozy exclut toute alliance avec le PS. Une collusion malsaine droite-gauche ne peut que brouiller les esprits, révolter les gens engagés pour leurs valeurs qu’ils n’entendent pas confondre avec celles du camp adverse - quoi de plus naturel ?, une collusion droite-gauche ne peut que conforter leur croyance en une connivence d’intérêts UMPS des deux grands partis traditionnels et inciter au départ des électeurs vers les extrêmes.
À cet égard, Alain Juppé, après avoir appelé la gauche à voter pour lui à  la primaire, portera la lourde responsabilité de l'inévitable montée du FN si sa stratégie venait à éliminer Nicolas Sarkozy. Nombre des abonnés de ma page Facebook et de ce blog sont formels : ils voteront Le Pen plutôt que Juppé. Ils ne pardonneront jamais au maire de Bordeaux d’avoir spolié le président des Républicains de sa candidature légitime, s’inscrivant dans la suite logique de son travail pour l’alternance. Pas plus qu’ils n’acceptent son alliance avec Bayrou, définitivement estampillé «traitre» pour avoir voté socialiste à deux reprise, en 2007 et 2012.
Bref ! Beaucoup de Français modérés, n’ayant jamais voté extrême, sont déterminés à choisir «tout plutôt que Juppé» : rude est la réponse du berger à la bergère, après des années d’intox «tout sauf Sarkozy». J’ai envie de dire : «bien fait !» Langue tirée. Pourtant, cela me fait mal. Comme Nicolas Sarkozy, jamais je ne voterai FN. 
 
Car Nicolas Sarkozy a aussi exprimé son opposition catégorique à un quelconque rapprochement avec le FN.  C’est sans surprise, il a toujours été très clair sur ce sujet.
Toutefois, il est important de noter qu’il est le seul candidat à avoir le courage de défendre une position excluant à la fois PS et FN de toute possibilité d’alliance, à trois semaines d’une élection décisive. Sa transparence l’honore, elle est conforme aux valeurs que l’ancien président  incarne et auxquelles il croit vraiment, lui Sourire. Cet attachement à ses valeurs explique d’ailleurs que quand la conjoncture change, quand le monde change, il soit capable de changer sa posture pour que précisément ce qui compte ne change pas. Pour la conservation de ce qu’il faut préserver intact. S’adapter est la seule forme tangible d’intelligence. L’adage populaire le dit plus simplement : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis Langue tirée.
 
Mais ce genre de réflexion n’est déjà plus à la portée de la plupart des commentateurs politiques qui aujourd’hui font l’opinion Déçu
C’est affligeant mais réel : souvenez-vous de Léa Salamé à L’Émission Politique, fière d’elle en comparant des extraits de discours de l’ancien président, exultant parce qu’ils différaient sur tel ou tel point, prétendant prouver par là ses «contradictions» ? Elle croyait le mettre en difficulté alors qu’elle était en train de démontrer sa propre indigence, occultant les causes pour mieux manipuler les conséquences. Un journaliste digne de son métier aurait dit tout autre chose, ça par exemple : Quand on traverse une crise économique mondiale, l’urgence est de réduire les dépenses de l’État, avec pour effet de réduire le nombre de fonctionnaires, y compris de police. Ce qu’a fait Nicolas Sarkozy. Quand on traverse une crise sécuritaire mondiale, en prise avec un danger terroriste permanent, l’urgence est de renforcer la sécurité, y compris les forces de police. Ce que n’a pas fait François Hollande. Passer de l’une à l’autre situation oblige à changer d’avis. Pas de valeurs. CQFD.
 
Bête politique : 3 - Journaliste bête : 0 Langue tirée
 
Pour changer la situation dégradée du pays, changez de président mais ne changez pas de valeurs (de droite et que de droite) : les 20 & 27 novembre 2016, les 23 avril & 7 mai 2017, votez pour Nicolas Sarkozy !
Laurence MW

29/10/2016
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NICOLAS SARKOZY : « LA RÉPUBLIQUE A TROP RECULÉ »

Nicolas Sarkozy est candidat à l'élection présidentielle de 2017. C'est un évènement historique, en cela qu'il est le premier président de la Ve République à revenir au plus haut niveau de la compétition politique après avoir été battu. Il le fait d'une façon elle aussi inédite en se déclarant par la publication d'un livre à valeur de serment fait aux Français, attestant de sa sincérité qui dépasse le lot des habituelles promesses de campagne des candidats à l'investiture suprême. Il détaille ses intentions dans l'interview exclusive accordée au Figaro Magazine, que je vous reproduis intégralement ici.

LMW

 

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Nicolas Sarkozy, mardi, quitte son QG de campagne à Paris. - Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

Par Guillaume RoquetteCarl Meeus et Marion Mourgue Publié le 24/08/2016 à 18h24 dans le Figaro Premium

INTERVIEW - Candidat depuis lundi à la présidentielle de 2017, Nicolas Sarkozy veut «une alternance franche, claire, forte, incontestable» et développe ses propositions sur l'immigration et la baisse des impôts. 

LE FIGARO MAGAZINE. - Pourquoi avoir choisi de déclarer votre candidature à l'élection présidentielle de 2017 par le biais d'un nouveau livre?

 

Nicolas SARKOZY. -Ce livre est un serment républicain, c'est un pacte. Il m'engage dès aujourd'hui comme il m'engagera pour les cinq ans du prochain quinquennat. Avec cet ouvrage, j'ai voulu solenniser mes principaux engagements et expliquer comment je les mettrai en œuvre. Aujourd'hui, face à la défiance à l'endroit de la parole politique, l'écrit est la meilleure façon de donner une crédibilité. Ce que je dis, je le ferai. Présenter mon projet simultanément à ma déclaration de candidature, c'est placer les solutions avant les questions de personnes, c'est créer les conditions d'un vaste rassemblement autour des propositions que je fais. C'est également faire comprendre que le prochain mandat doit commencer dès le premier jour de la campagne, car tout ce que l'on n'aura pas dit avant comme candidat, on ne le fera pas ensuite comme président. Tout dire avant est la première des conditions pour pouvoir tout faire après. Ce livre correspond à mon exigence de vérité et de clarté. Il n'y aura pas, d'une part, l'histoire de la campagne et, d'autre part, l'histoire du mandat. Si je suis élu le 27 novembre (à la primaire, ndlr), l'histoire aura commencé le 22 août et se terminera à la fin de mon mandat.

 

Vous dites avoir beaucoup hésité avant de prendre votre décision d'être candidat. Qu'est-ce qui a fait pencher la balance?

 

J'ai beaucoup réfléchi pour savoir si j'étais l'homme de la situation. Je n'ai aucun esprit de revanche, ni aucune amertume ; ces deux sentiments ne seront jamais mon moteur. Il ne s'agit pas non plus d'une aventure personnelle. Il s'agit de constater que devant la situation profondément grave que connaît la France aujourd'hui, l'énergie, l'autorité, l'expérience, la volonté seront les qualités déterminantes pour redresser la France. Je ne crois pas qu'on m'ait jamais fait le procès d'en manquer.

 

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Dernière relecture du livre en août, dans le Sud. «J'ai beaucoup réfléchi pour savoir si j'étais l'homme de la situation»,

confie Nicolas Sarkozy. - Crédits photo : Sebastien Valente/E-PRESS PHOTO

 

Qu'avez-vous pensé des polémiques autour du burkini sur les plages?

 

Porter un burkini est un acte politique, militant, une provocation. Les femmes qui le portent testent la résistance de la République. Ne rien faire, c'est laisser penser que la France apparaît faible et ce serait acter un nouveau recul de la République. C'est précisément tout ce dont je ne veux plus comme des millions de Français parce que la République a déjà trop reculé. Je propose une loi qui interdise tout signe religieux ostensible non seulement à l'école, mais également à l'université, dans l'Administration et aussi dans les entreprises. Je comprends parfaitement qu'on me dise qu'une jeune fille de 20 ans a son libre arbitre. Mais la situation qui est la nôtre est profondément anormale. La majorité est aujourd'hui provoquée par des comportements minoritaires qui veulent s'imposer et qui sont à l'opposé de nos valeurs républicaines, à commencer par l'égalité de l'homme et de la femme. Pendant des décennies, il a fallu défendre les minorités contre une forme d'oppression majoritaire. Aujourd'hui, c'est la tyrannie des minorités. Si nous n'y mettons pas un terme, le risque, c'est que dans dix ans les jeunes filles de confession musulmane qui ne porteront pas le voile ou le burkini seront montrées du doigt et seront sous la pression quotidienne de l'entourage. La vérité m'oblige à dire que cela a déjà commencé.

 

 

«Les femmes qui portent le burkini testent la résistance de la République»

 

 

Vous allez vous heurter au Conseil constitutionnel, au Conseil d'État et à la Cour européenne des droits de l'homme…

 

On m'a déjà opposé l'état de droit! Mais le droit n'a-t-il pas pour objet essentiel de protéger notre société? L'état de droit n'a rien à voir avec l'immobilisme. La société avance et le droit s'adapte. C'est toute l'histoire des sociétés. Si le Conseil constitutionnel s'y oppose, on peut réformer la Constitution, ou même interroger directement les Français. On a révisé de très nombreuses fois la Constitution depuis 1958, je ne vois pas pourquoi on nous explique aujourd'hui qu'on ne pourrait pas le faire sur des sujets aussi importants qui touchent à nos valeurs. J'ai fait une révision constitutionnelle en 2008 introduisant la question prioritaire de constitutionnalité. Quant à la CEDH, je rappelle que ce texte date du début des années 50, certains enjeux ont profondément évolué, ne serait-ce qu'en matière de terrorisme, et je ne vois pas pourquoi, là encore, le droit ne pourrait pas s'adapter.

 

Mais il y a aussi le Conseil d'État…

 

Alors, dans ce cas, je propose que vous mettiez un conseiller d'État, président de la République, un membre du Conseil constitutionnel, Premier ministre et un avocat général de la Cour de cassation, garde des Sceaux. Et attendez bien tranquillement que la révolte des peuples les emporte! D'ailleurs, je constate que certains pays ont commencé à agir, à l'image du gouvernement de Mme Merkel qui a décidé, sans que personne ne lui en fasse le procès, de suspendre le regroupement familial pour les réfugiés syriens. Si je suis élu président de la République, la France prendra l'initiative d'une renégociation de l'article 8 de la CEDH concernant le regroupement familial. Entendez bien, je ne condamne pas l'institution, car je crois à l'utilité d'une Cour européenne des droits de l'homme et de son texte fondateur, mais je demande à ce que l'on fasse preuve de bon sens et que l'on interprète les règles à la lumière des défis et de la réalité migratoire actuelle.

 

Vous proposez de suspendre le regroupement familial.

 

Il faut suspendre le regroupement familial tant qu'on ne s'est pas mis d'accord sur un Schengen II. Le regroupement familial a été décidé en 1976 dans un contexte bien particulier, où il n'y avait pas de chômeurs et pas de difficultés d'intégration. Aujourd'hui, les temps ont considérablement changé. Il faut le suspendre en France tant qu'il n'y aura pas, en Europe, une authentique et réelle politique migratoire commune et des frontières européennes protégées. Cela pourra prendre plusieurs années.

 

«Je propose également que le droit du sol, qui doit rester notre principe de base, ne soit plus aussi automatique. Il y a trop de dérives»

 

Mais que proposez-vous pour les titres de séjour obtenus par les mariages mixtes qui représentent la moitié de l'immigration familiale?

 

Je ne vais quand même pas interdire aux gens de se marier! Mais nous devons également être lucides face à la multiplication des cas de fraude. Je propose également que le droit du sol, qui doit rester notre principe de base, ne soit plus aussi automatique. Il y a trop de dérives. Je pense à des situations vécues outre-mer, par exemple à Mayotte ou en Guyane. Il doit y avoir une présomption d'acquisition à 18 ans de la nationalité française, sauf si la personne concernée a un passé de délinquant ou si les parents étaient en situation irrégulière au moment de la naissance.

 

Il faudra une décision de justice?

 

Non. La présomption tombera automatiquement. Le fait d'avoir un casier judiciaire entraînera la décision administrative de refus d'acquérir la nationalité française. Vous avez là un des éléments d'une nouvelle politique d'accès à la nationalité française bien plus exigeante, fondée sur l'assimilation et plus seulement l'intégration.

 

Concrètement, qu'est-ce que cela veut dire?

 

Je veux que la République soit beaucoup plus exigeante sur les conditions dans lesquelles on peut rester sur notre territoire et devenir français. L'accès aux allocations sociales pour un étranger ne sera plus possible avant cinq ans de résidence. Je veux également qu'on fasse passer de cinq à dix ans le délai de résidence pour pouvoir être naturalisé français. Devenir français, cela signifie partager une langue, une histoire et un mode de vie. Apprenons d'abord le français à l'école avant de se préoccuper de l'apprentissage des langues du pays d'origine. Au fond, s'il n'y a pas d'assimilation, il n'y aura pas d'acquisition de la nationalité française. C'est une condition sine qua non.

 

Comment vérifiez-vous l'assimilation?

 

Chacun de ces éléments peut être aisément vérifié en préfecture, notamment la maîtrise de la langue française et le partage de nos valeurs. On ne mesure pas à quel point d'autres pays en Europe sont beaucoup plus exigeants que nous. Regardez ce que font la Suède ou les Pays-Bas, ou même l'Allemagne.

 

Les premières lignes manuscrites du livre Tout pour la France de Nicolas Sarkozy.
Les premières lignes manuscrites du livre Tout pour la France de Nicolas Sarkozy. - Crédits photo : Sébastien Valente/E-PRESSPHOTO 

 

Comment pensez-vous que toutes vos mesures vont être accueillies?

 

Quand la règle est incertaine, quand la main tremble pour l'appliquer, quand chacun peut tester la fermeté de la République en étant assuré qu'elle n'en a point, le risque d'affrontement est réel. Quand la communauté nationale est considérée comme faible et incapable de défendre les citoyens, ceux-ci se tournent vers leur communauté d'origine. L'application de la règle est donc un grand élément d'apaisement des tensions. Souvenez-vous du discours de M. Hollande en 2012? Il allait rassembler la France! Il n'a cessé de la diviser. Personne ne demande à qui que ce soit de renoncer à ses convictions. Mais, on ne peut pas dire «je veux être français, mais à ma façon», en s'exonérant du mode de vie français, de la langue française, de l'histoire de France et de nos principes.

 

Est-ce que cela fait de votre projet un projet de rupture?

 

«Mon projet, c'est le retour de l'autorité, la défense sans faille de la République» 

Mon projet, c'est le retour de l'autorité, la défense sans faille de la République, le vote dès l'été 2017 des mesures essentielles pour cesser d'être les champions européens des impôts et des dépenses publiques, la préservation de notre identité, et surtout de répondre à la réalité du quotidien des Français. J'avais utilisé le mot de rupture en 2007 car, à l'époque, il s'agissait d'une succession à l'intérieur de la famille de la droite. J'avais décrit mes désaccords avec Jacques Chirac sur l'identité, sur la baisse des impôts, sur l'Europe, sur le refus de l'entrée de la Turquie. Il ne s'agit pas aujourd'hui de rupture, il s'agit d'alternance. D'une alternance franche, claire, forte, incontestable. Je prends un exemple: quelle serait la légitimité de l'opposition aujourd'hui à dénoncer les 50 milliards d'augmentation d'impôts de François Hollande si l'alternance ne se traduisait pas immédiatement par un programme massif de baisse des impôts?

 

Cette alternance sera-t-elle brutale? Hollande dit que vous êtes dans la brutalité.

 

Je ne répondrai à aucune des attaques de François Hollande. À quoi cela servirait-il? Un président de la République qui a le temps d'alimenter de confidences deux livres de journalistes en les recevant tout au long de ce quinquennat à plus de 90 reprises, je vous dirai simplement que nous n'avons pas, François Hollande et moi, le même sens des priorités et la même conception de la fonction. La brutalité, c'est celle qui est faite à la majorité silencieuse qui ne reconnaît plus la France, qui est accablée d'impôts, à qui on veut imposer des idées qui n'ont jamais été les siennes, et qu'on présente comme égoïste et sans cœur si elle n'est pas d'accord avec la vulgate de la pensée unique. Je veux être le candidat de la majorité silencieuse des Français qui disent «ça suffit!». Et nous sommes nombreux à le penser. Ça suffit!

 

François Hollande et Emmanuel Macron sont les cibles de l'ancien président qui fustige leur inaction pour attirer les entreprises, deux mois après le Brexit.
François Hollande et Emmanuel Macron sont les cibles de l'ancien président qui fustige leur inaction pour attirer les entreprises, deux mois après le Brexit. - Crédits photo : BRUNO LEVY/DIVERGENCE

 

Comment convaincre ceux que vous avez pu décevoir en 2012?

 

J'ai été battu en 2012 et je reconnais la singularité de ma position. J'ai été président de la République. Je connais les choses, j'ai l'expérience. Qui viendrait me dire, après ces quatre années, qu'on a besoin d'un capitaine pour petit temps ou d'un capitaine qui a besoin d'apprendre son métier? Laissons les Français juger. Depuis que je suis revenu, nous avons gagné toutes les élections locales, notre formation politique a été redressée. Pour le reste, laissons le débat prospérer, j'ai l'intention d'y apporter des idées nouvelles et ma détermination.

 

Dans La France pour la vie, vous expliquiez ne pas être allé assez loin…

 

La France pour la vie était un retour d'expérience sur les leçons que j'ai tirées de l'exercice du pouvoir. Tout pour la France propose une vision pour l'avenir de notre pays. C'est précisément parce que j'ai regardé le passé avec lucidité que je sais exactement ce qu'il faut faire à l'avenir.

 

Vous voulez rétablir les peines plancher pour les multirécidivistes. Mais les juges ne les appliquaient pas au nom de l'individualisation des peines.

 

La récidive est un sujet d'exaspération majeure des Français qui ne comprennent pas que des individus puissent multiplier les crimes et les délits quand eux sont sanctionnés à la moindre petite infraction. Je propose, dans le respect de l'individualisation des peines, un système simple et qui sera particulièrement dissuasif: au bout de trois crimes ou délits, la peine augmentera automatiquement de 25%. Au bout de cinq, de 50%. Au bout de dix, de 100%.

 

Vous proposez des centres de rétention administrative pour les djihadistes présumés. La justice ne pourra-t-elle pas s'y opposer?

 

On est dans l'incohérence la plus complète: comment expliquer aux Français qu'on ne pourrait pas placer en rétention administrative de façon préventive quelques centaines d'apprentis djihadistes particulièrement dangereux alors que dans le même temps, plus de 70.000 décisions administratives d'internement sont prises pour des raisons psychiatriques? Où est la logique? Où est la cohérence? Je veux l'application d'un véritable principe de précaution dans ce domaine.

 

Que faites-vous des djihadistes qui commencent à revenir en France?

 

Pour moi c'est clair: la prison pour commencer, le centre de déradicalisation pour terminer. Il est quand même effrayant de penser que dix-huit mois après l'Hyper Cacher et Charlie Hebdo, il n'y a pas une place créée en centre de déradicalisation. Le djihadisme doit être véritablement combattu. La cour de sûreté antiterroriste que je propose de créer réalisera cette exigence de fermeté.

 

Nicolas Sarkozy a inauguré son QG de campagne, rue de l'Université à Paris, mardi.
Nicolas Sarkozy a inauguré son QG de campagne, rue de l'Université à Paris, mardi. - Crédits photo : MATTHIEU ALEXANDRE/AFP

 

Vous annoncez une baisse des impôts rapide et forte. Est-ce possible avec les contraintes budgétaires de la France?

 

Je propose de réduire de 100 milliards d'euros sur cinq ans les dépenses publiques. Ces économies financeront deux choses: le désendettement de la France et la baisse des impôts. Si on ne réduit pas les impôts dès 2017, l'économie française passera à côté de l'un de ses principaux défis. Il faut cesser de dire aux Français que ce doit être l'un ou l'autre. Il faut les trois: moins de dépenses publiques, moins d'impôts, moins de déficits.

 

Donc vous commencez tout de suite par une baisse de l'impôt sur le revenu?

 

«En matière d'impôts, l'impôt sur le revenu sera réduit de 10% pour tous»

 

Je commence simultanément par faire voter dès 2017 les baisses d'impôts et les baisses de dépenses publiques. Faire voter immédiatement les deux ensemble n'a jamais été fait. En matière d'impôts, l'impôt sur le revenu sera réduit de 10% pour tous. Les charges pesant sur le travail seront réduites de 34 milliards d'euros et ces baisses seront concentrées sur les bas salaires. C'est crucial si on veut redevenir compétitif.

 

Pourquoi concentrez-vous ces baisses sur les bas salaires?

 

Car l'économie française ne fabrique pas assez d'emplois à faible qualification. Il faut donc concentrer ces baisses sur les bas salaires jusqu'à 1,6 fois le smic.

 

Après les baisses de charges, viennent les baisses d'impôts. Y a-t-il d'autres baisses d'impôts?

 

Les classes moyennes ont été matraquées par ce gouvernement. Je supprimerai toutes les charges sur les emplois familiaux, ce qui représente 20% de coût en moins pour un emploi à domicile ; c'est un sujet essentiel notamment pour les personnes en situation de dépendance ou de handicap et pour favoriser la conciliation de la vie familiale et professionnelle, en particulier pour les femmes. Je veux également supprimer l'ISF et mettre en place une taxe forfaitaire de 26% sur les revenus de l'épargne, comme en Allemagne. Les heures supplémentaires seront à nouveau défiscalisées, mais les entreprises auront la possibilité, en plus, de sortir des 35 heures sous réserve de négocier cette sortie avec les salariés et que les heures soient payées (37 heures payées 37, 38 heures payées 38, 39 heures payées 39). Et enfin, je considère qu'après avoir travaillé toute sa vie pour transmettre le produit de son travail, on n'a pas à payer d'impôt sur la succession. Je propose donc, là encore comme en Allemagne, une franchise de 400.000 euros par enfant.

 

Vous allez donc plus loin qu'en 2007?

 

Oui, car entre-temps il y a eu avec François Hollande 50 milliards d'euros en plus pour les ménages et les entreprises.

 

Ces baisses d'impôts vont représenter un énorme manque à gagner pour l'Etat! Comment les financez-vous?

 

Par les 100 milliards d'économies de dépenses publiques sur cinq ans qui seront en large partie votés dès 2017. Je propose notamment de réduire le nombre de fonctionnaires de 300 000 en cinq ans, de reporter l'âge du départ à la retraite à 63 ans en 2020 et 64 ans en 2025, de réduire le taux de remboursement de l'assurance-maladie de 76 à 73 %, de faire passer la fonction publique à 37 heures (payées 37 heures) et d'y instituer deux jours de carence, ou encore de calculer à l'avenir les retraites dans le public exactement comme dans le privé (sur les vingt-cinq dernières années et non pas simplement sur les six derniers mois), et enfin de supprimer tous les régimes spéciaux.

 

Mais vous allez vous heurter à de fortes oppositions?

 

Non! Je pense que le premier défi, c'est celui de la vérité. C'est ce que j'écris dans mon livre. Alors si c'est le premier défi, disons vraiment la vérité!

 

Ne va-t-on pas vous reprocher de faire des cadeaux aux riches et aux entreprises?

 

À la sortie d'un restaurant italien lundi où Nicolas Sarkozy a dîné avec se sproches, notamment Eric Woerth, secrétaire général du parti.
À la sortie d'un restaurant italien lundi où Nicolas Sarkozy a dîné avec se sproches, notamment Eric Woerth, secrétaire général du parti. - Crédits photo : Sebastien Valente/E-PRESS PHOTO

 

Quand je propose le rétablissement des heures supplémentaires, je pense aux ouvriers et aux employés. Quand je supprime les charges sur les emplois familiaux, je pense aux familles. Quand je baisse le coût du travail, je pense à tous ceux qui cherchent un travail et n'ont pas beaucoup de qualifications. La baisse des impôts, elle sera pour tout le monde. Quant à la question de l'ISF, il faut dire clairement qu'on ne peut pas être dans l'Europe et garder l'ISF pour la simple raison que la plupart des autres pays européens n'ont pas cet impôt. Cadeaux aux entreprises? Si l'ouvrier agricole espagnol est payé moitié moins cher que l'ouvrier agricole français, si dans les abattoirs allemands, l'ouvrier polonais est payé 25% moins cher, la France ne sera plus une terre de production. J'en ai assez de ces faux débats qui nous tirent vers le bas. Mon problème, c'est la France et ses 6 millions de chômeurs. Sur la fonction publique, disons la vérité: trop de services ne travaillent pas 35 heures. Depuis les accords Jospin des années 2000, certains sont entre 28 et 32 heures. Peut-être que l'on va dire que c'est moi qui fait scandale en évoquant cela, mais c'est la vérité, et la vérité doit être dite. Et elle doit être dite également sur le fonctionnement du dialogue social en France. Il n'évoluera jamais si nous ne supprimons pas le monopole de représentation syndicale au premier tour des élections professionnelles, ou si on ne donne pas au chef d'entreprise le droit de consulter directement ses salariés par référendum quand les syndicats bloquent tout changement au sein de l'entreprise.

 

Vous proposez pour la fiscalité du patrimoine une taxe forfaitaire de 26% comme en Allemagne. Pourquoi ne pas aussi instaurer une «flat tax» sur les revenus?

 

Soyons sérieux. La «flat tax» consiste à dire à quelqu'un qui ne paye pas d'impôts, qu'il en payera 15%, et à celui qui en paye 60%, qu'il en payera 15%.

 

Mais ainsi tous les Français payeront des impôts. Au lieu de moins d'un sur deux aujourd'hui!

 

Ce n'est pas exact! Si c'est vrai pour l'impôt sur le revenu, il ne faut pas oublier qu'il y a, en plus de la TVA, la CSG, créée en 1989.

 

Pour revenir à la baisse des impôts et les économies réalisées, vous allez avoir un décalage dans le temps entre les deux et vous augmenterez les déficits!

 

Avec 100 milliards d'économies, les déficits baisseront très fortement et la dette également. C'est exactement l'inverse de ce qui s'est passé depuis 2012, où les impôts ont augmenté de 50 milliards et la dette également, contrairement à ce qui s'est passé dans les grands pays européens. Le problème français porte un nom: le poids des dépenses publiques. La solution que je propose est inédite. Le même jour, au mois de juillet 2017, seront déposés au Parlement trois textes de loi. L'un sur la baisse des impôts, l'autre sur la baisse des dépenses, et le troisième sur les mesures de compétitivité. Pour les observateurs, les marchés et nos partenaires européens, les baisses d'impôts seront votées en même temps que les réductions de dépenses, ce qui à leurs yeux sera le plus important.

 

«Si je suis élu, j'irai voir Mme Merkel pour lui proposer une initiative franco-allemande d'un nouveau traité européen»

 

Dans le même temps, je souhaite qu'une initiative franco-allemande soit prise dès le 7 mai. Si je suis élu, j'irai voir Mme Merkel pour lui proposer une initiative franco-allemande d'un nouveau traité européen fondé sur trois principes: réformer l'organisation de l'Europe avec notamment la mise en place d'une présidence stable de la zone euro, qui devra être assurée par un chef d'Etat ou de gouvernement et de mon point de vue allemand ou français. Le respect du principe de subsidiarité en réservant les compétences européennes à une petite dizaine de priorités stratégiques (agriculture, industrie, recherche, politique commerciale, concurrence…), en renvoyant le reste aux États et en remettant la Commission dans le rôle qu'elle n'aurait jamais dû dépasser, celui d'organe d'exécution. Troisième principe, la clarté sur les frontières de l'Europe et donc notamment sur le statut de la Turquie, qui n'a pas vocation, ni aujourd'hui ni demain, à être en Europe.

 

Angela Merkel serait-elle prête à bouger sur ces points?

 

Angela Merkel est une personne avec qui l'on peut discuter et qui sait évoluer quand l'intérêt général européen l'exige. C'est ce qui s'est passé pendant la crise de la zone euro, avec le gouvernement économique de l'Europe ou sur le mécanisme de stabilité, deux sujets sur lesquels elle était au départ réticente. Force est de constater que depuis 2012, la France a pris tellement peu d'initiatives qu'elle n'a pas eu l'occasion de tester la capacité de négociation de Mme Merkel.

 

Abrogerez-vous la loi travail?

 

Oui, parce que le texte sur la compétitivité que nous ferons voter à l'été 2017 contiendra une vraie réforme du marché du travail et non pas les mesurettes de la loi El Khomri.

 

C'est votre première campagne dans le cadre d'une primaire. Vous êtes un outsider…

 

La question n'est pas là. Chaque campagne a sa vérité. Je ferai campagne comme je sais le faire avec un devoir de vérité et un très grand engagement. Après, j'essaierai qu'il y ait des débats sans que cela ne tourne aux règlements de comptes et à la division de la famille. C'est l'engagement que je rappelle dans Tout pour la France.

 

Vous affirmez qu'il faut dire la vérité. Alain Juppé ou François Fillon ont annoncé vouloir donner leur structure de gouvernement avant l'élection. Vous le ferez aussi?

 

J'ai dit ma volonté de travailler en équipe avec François Baroin et une nouvelle génération, de même que ma volonté de laisser la présidence de notre formation politique à Laurent Wauquiez et à Eric Woerth la fonction de secrétaire général.

 

 

François Baroin devrait être le Premier ministre d'un Nicolas Sarkozy élu président de la République en 2017. «C'est le mieux placé.»
François Baroin devrait être le Premier ministre d'un Nicolas Sarkozy élu président de la République en 2017. «C'est le mieux placé.» - Crédits photo : Alain Guilhot/DIVERGENCE

 

Ce ne sera donc pas une présidence collégiale?

 

Le président des Républicains sera Laurent Wauquiez. Et Eric Woerth sera secrétaire général. Ce sont les statuts approuvés par une très large majorité qui le prévoient.

 

Et le Premier ministre, ce sera François Baroin ou on a mal compris?

 

C'est le mieux placé. J'ai une très grande confiance en lui.

 

Est-ce que vous aussi, quand vous êtes entré à l'Élysée, vous vous êtes dit que c'était plus dur que ce que vous aviez imaginé?

 

Je ne l'aurais pas dit comme cela. Je savais que c'était difficile, notamment parce que j'avais été ministre de l'Intérieur pendant plusieurs années et que je connaissais l'exigence des plus hautes responsabilités. Ce qui est préoccupant, c'est qu'il ne s'en soit rendu compte qu'après.

 

Vous expliquez l'importance de tenir un discours très clair, mais entre François Baroin et Laurent Wauquiez, vos électeurs ne vont-ils pas se dire que ce sont deux lignes différentes?

 

Un président et son successeur au repos, au cap Nègre, Laurent Wauquiez est devenu, mardi, président des Républicains.
Un président et son successeur au repos, au cap Nègre, Laurent Wauquiez est devenu, mardi, président des Républicains.- Crédits photo : Sebastien Valente/E-PRESS PHOTO

 

Quelle est la difficulté de la politique? Rassembler des gens aux convictions parfois différentes et leur donner une cohérence. Quelle est la force d'un leader? Transcender des différences entre les uns pour donner une énergie collective commune.

 

Sur votre programme?

 

Vous voulez dire qu'il y a un chef? Oui, c'est vrai. Mais le chef est légitime quand il sait assurer la cohérence de l'ensemble, pas sur le plus petit dénominateur commun.

 

Qu'avez-vous pensé de la visite d'Emmanuel Macron au Puy du Fou? C'est une forme d'ouverture dans l'autre sens.

 

Je n'ai rien contre M. Macron mais je pense que les Français attendent du ministre de l'Économie qu'il s'occupe d'abord d'économie. Je constate par exemple que deux mois après le Brexit, le gouvernement n'a toujours pris aucune initiative concrète pour attirer en France les entreprises aujourd'hui basées à Londres.

 

Ne craignez-vous pas que, dans l'entre-deux-tours, vos adversaires fassent campagne sur le «Tout sauf Sarkozy»?

 

Je n'ai connu que le «Tout sauf Sarkozy» ma vie durant! Je crains le jour où il n'y en aura plus. Depuis 2002, c'est une constante. On n'a parlé que de cela, y compris quand j'ai été candidat à la présidence de l'UMP. Je ne le crains pas. Pendant des mois on m'a dit: «Alors, vous êtes fini.»J'étais devenu le cimetière le plus visité du monde!

 

Dans votre précédent livre, vous parliez de vos mises en examen. Vous n'en parlez plus dans celui-ci. Pourquoi? Ce n'est plus un sujet pour vous? Ce ne sera pas un élément de campagne?

 

J'en ai longuement parlé dans La France pour la vie . Le seul changement depuis, c'est que le nombre des affaires s'est considérablement réduit. J'ai eu plusieurs non-lieux depuis sa publication.

 

Vous finissez votre livre par une adresse directe, par une anaphore, répétant six fois de suite «Nous sommes la France»… Est-ce une manière de répondre à celle de François Hollande, «Moi, Président»?

 

Mon seul sujet, c'est la France. Elle mérite qu'on lui donne tout. C'est ce que je m'engage à faire. Nous devons nous souvenir de ce que nous sommes. Nous sommes la France. Un pays qui a réussi de très grandes choses, et qui peut en réussir de plus grandes encore.

 


25/08/2016
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QUI RÉCLAME UN SCHENGEN2 DEPUIS 2 ANS ?

«  Il y a une civilisation européenne, une identité européenne, une culture européenne, un mode de vie européen, qui reposent sur les Nations. Ce sont d’abord les Nations qui font notre force.

Que les dirigeants européens sachent se montrer à la hauteur de l’Histoire, qui ne leur pardonnera aucune lâcheté.

L’heure est à la lucidité, à l’énergie et au leadership. » Nicolas SARKOZY, 24 juin 2016

 

 

Nicolas Sarkozy manque plus que jamais à la présidence de l'UE

Président du parti d’opposition et ancien président unanimement salué de l’Union Européenne, le patron des Républicains surclasse d’évidence François Hollande et ses concurrents à la primaire dans la crise du Brexit.

Après un huis-clos avec le président russe Vladimir Poutine le 15 juin, et un déjeuner une semaine plus tard avec la chancelière allemande Angela Merkel qu'il aura sans nul doute convaincue de la «nécessité d'un nouveau traité pour l'Union européenne» qu’il réclame à nouveau en ce jour historique, Nicolas Sarkozy fait apparaître la totale « absence de leadership » de son successeur à l’Élysée et le hors jeu permanent des postulants à la primaire. 

 

Depuis son retour, l'ancien président ne cesse de plaider pour une refonte drastique de l’UE. Il demande un recentrage des compétences européennes sur un nombre restreint de secteurs stratégiques - industrie, agriculture, concurrence, négociations commerciales, énergie... et la restitution des autres compétences aux gouvernants nationaux. Outre un Schengen2, indispensable pour enrayer la crise des migrants, Nicolas Sarkozy veut aussi une remise en cause de la Commission européenne. 

 

Fort de son envergure internationale, Nicolas Sarkozy démontre sans conteste et aujourd’hui encore son autorité, sa légitimité et son efficacité qui relèguent les autres candidats à la primaire aux rôles de piètres figurants.

 

LMW

 

 


24/06/2016
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L'École ? Le Maître et le Savoir, enfin !

« C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice, c'est-à-dire assurer "la continuité du monde" »
Hannah Arendt

 
S'il est bien un lieu où se manifeste de façon spectaculaire la crise générale qui s'est abattue sur le monde moderne, c'est celui de l'Éducation. Votre humble servante, qui tente chaque jour de survivre professionnellement dans ce monde sinistré de l'Autorité perdue, peut en témoigner Déçu.

L'ancien président crève l'abcès, il ose des propositions choc pour ce milieu misonéiste figé dans ses contradictions, réfractaire à tout changement bien qu'obsédé par un pédagogisme qui tue la transmission des connaissances. Il remet le Maître et les Savoirs au coeur du système éducatif, enfin !

Enfin une lueur d'espoir ... Pourvu qu'il revienne. 

SIGNEZ ICI ou  ou  pour Nicolas Sarkozy Sourire

LMW

 

 

TRIBUNE (Figaro Premium du 5 avril 2016) - Alors que les Républicains se réunissent mercredi matin autour du thème de l'Éducation, l'ancien président de la République avance des propositions pour que l'école se consacre à la transmission des savoirs et cesse d'être un lieu d'expérimentation pédagogique.

 

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Nicolas Sarkozy - Crédits photo : Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

 

Nicolas Sarkozy : «L'école de la République et rien d'autre»

La réussite de notre République, c'est d'avoir fait de l'école un lieu, neutre et sûr, où se transmet le savoir, où l'on intériorise la règle sociale et où chacun apprend à devenir un citoyen, c'est-à-dire un individu suffisamment libre, éclairé et responsable pour participer à la vie démocratique. La force de l'école de la République, c'est de perpétuer la France en assurant la transmission de l'héritage historique, littéraire et artistique de notre pays. Cette école de la République, dont nous sommes tout autant les produits que les dépositaires, doit être protégée par un consensus national des enjeux politiciens comme des agressions idéologiques, or il n'en est rien.

 

Sans cap, sans politique et sans vision, l'Éducation nationale a erré pendant quatre ans, de ministre en ministre et de réforme en réforme. La seule politique constante de ce gouvernement, et il faut le reconnaître, a été l'emprise idéologique sur ce ministère et la grande proximité syndicale. L'école que chacun rêve de voir sanctuarisée a été transformée imperceptiblement en un lieu d'expérimentation sociale dont les parents et les enfants sont en réalité les cobayes.

 

Tout ce qui peut rappeler ce qu'a été la France se retrouve désormais noyé dans un verbiage insensé. En Histoire, les grandes figures qui structurent la mémoire nationale ont été soigneusement gommées et un universalisme éthéré est venu remplacer le récit national. Personne, bien sûr, ne conteste le principe d'un enseignement ouvert sur le monde et qui permet d'en comprendre la complexité mais comment comprendre l'Histoire des autres si l'on ne connaît pas sa propre Histoire, à commencer par sa chronologie? La mémoire d'un peuple n'est pas un kaléidoscope où les époques s'entremêlent dans un mouvement perpétuel, elle est une trame serrée d'événements et d'évolutions tissée par les siècles.

 

De tout cela, la gauche ne veut plus entendre parler: la culture classique serait l'apanage d'une élite ; les langues anciennes, le creuset de cet élitisme ; et l'Histoire, un dangereux ferment du nationalisme. On ne voudrait plus d'une école où l'on apprend et qui élève mais d'une école où l'on lutte contre les «méfaits» de la société et où l'on demande à des enfants de répondre aux angoisses politiques et aux projections des adultes. Désormais, l'école n'est plus chargée de transmettre des savoirs et de former des esprits - nos pédagogues ont décidé que l'élève devait construire lui-même son savoir - mais de promouvoir des «activités ludiques et citoyennes»! Les manuels scolaires se transforment en livres de catéchisme qui n'ont rien à faire à l'école de la République.

 

Les Républicains, eux, considèrent qu'il n'appartient pas à l'école de se substituer aux familles mais d'enseigner des disciplines et de former au raisonnement et que les enseignants du second degré ne sont pas des «éducateurs» mais des professeurs et des maîtres.

 

L'immense majorité des enseignants a été heurtée par la réforme des collèges tant sur le fond que dans la forme et lui oppose désormais une résistance passive. Les Républicains reviendront sur cette réforme, tout comme celle sur les rythmes scolaires. L'école des Républicains, c'est l'école de la République et rien d'autre, où la laïcité s'applique jusque sur les bancs de l'université publique.

 

«L'école des Républicains, c'est l'école de la République et rien d'autre, où la laïcité s'applique jusque sur les bancs de l'université publique.»

 

L'école de la République, c'est une école dont le professeur, le savoir qu'il dispense et l'autorité qu'il incarne forment les seuls piliers, et pour tout dire le centre. Aujourd'hui, la présence des enseignants dans les établissements ne peut plus se limiter aux seules heures de cours. C'est à eux et non à des «animateurs» sans formation ni légitimité qu'il revient d'organiser le temps scolaire et ce rôle doit avoir une véritable contrepartie salariale, car ils méritent notre considération et notre respect pour leur engagement quotidien.

 

Année après année, et chaque majorité doit assumer ses responsabilités en cette matière, ce sont près de 800 heures d'enseignement du français qui ont disparu du CE1 à la classe de première. Elles doivent être rétablies. En lieu et place de ces étranges «modules horaires transdisciplinaires», les élèves des collèges doivent apprendre le français.

 

Quant à l'égalité des chances, sans laquelle il n'est pas plus d'école que de République, elle ne se gagne pas en traquant les classes de niveau, en déclarant la guerre à Cicéron, en pourchassant l'excellence jusque dans les classes bilangues ou les classes préparatoires, mais en donnant à chacun les moyens de la réussite.

 

Pour cela, l'école doit prendre en charge, dès le cours préparatoire, les élèves en difficulté. Ils devront bénéficier d'«un CP plus», c'est-à-dire une aide surveillée et un accompagnement renforcé. À quoi sert-il de faire passer dans la classe supérieure un élève qui ne maîtrise pas la lecture? Il faut tout faire pour éviter qu'ils ne passent d'une classe à l'autre avec un handicap toujours plus lourd. De même, au primaire, les enfants devront quitter l'école en ayant fait leurs devoirs. L'égalité républicaine est une farce si certains en rentrant chez eux trouvent une famille disponible ou des répétiteurs quand d'autres n'ont que la télévision pour les aider…

 

La nation doit consentir à un effort particulier pour cette centaine de milliers de jeunes qui sortent du système sans qualification. L'extension du service militaire adapté, déjà mis en œuvre outre-mer, doit être engagée sur l'ensemble du territoire national, dès 2017, pour cette jeunesse en difficulté. Aucun jeune «décrocheur» ne doit rester sans activité après ses 18 ans. L'institution militaire a la capacité de resocialiser des jeunes en perte de repères. C'est un impératif de cohésion nationale.

 

 

«Les programmes doivent être élaborés par l'Inspection générale, dont c'est la mission, sous l'autorité du ministère, mais il faut peut-être en confier l'approbation finale à l'Institut de France et donc aux académies.»

 

Quant aux programmes, ils ne sont pas un enjeu politique et il ne peut pas revenir aux Assemblées de décider de ce qui doit s'enseigner dans les classes. Il convient d'en finir avec les conseils, les comités et les commissions. Les programmes doivent être élaborés par l'Inspection générale, dont c'est la mission, sous l'autorité du ministère, mais il faut peut-être en confier l'approbation finale à l'Institut de France et donc aux académies. Elles seules disposent tout à la fois du magistère intellectuel, de la distance, de la permanence et donc de l'indépendance nécessaires à une telle mission.

 

L'école de la République n'appartient ni aux pédagogues, ni aux sociologues, ni aux idéologues dont la réforme du collège marque l'aberrant triomphe, elle est un bien commun qu'il convient de rendre, au plus vite, à la nation. Les Républicains y veilleront.

 

Nicolas Sarkozy


06/04/2016
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