Ouf, Sarko Est Revenu

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JEAN D’ORMESSON SOUTIENT FILLON

Jean soutient François Fillon. Sourire

Ses analyses fines, ses connaissances et sa mémoire illimitées, sa sagesse burinée au soleil par le temps, son esprit lumineux jalonnent ce dialogue savoureux. Seuls ils suffisent en termes d’arguments. Lisez ! Et vous ne vous poserez plus la question de savoir pour qui voter, au cas où vous douteriez encore de la pertinence de Chateaubriand, cher au coeur de Jean, quand il disait que “presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.” Clin d'œil

 

Laurence MW

 


 

François Fillon - Jean d'Ormesson: «La France que nous voulons»

ENTRETIEN EXCLUSIF - Jean d'Ormesson et François Fillon ont accepté la proposition du Figaro Magazine de se rencontrer. Un dialogue savoureux entre l'écrivain, membre de l'Académie française, et le candidat de la droite et du centre, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle. Par Carl Meeus et  Guillaume Roquette - Publié le 20/04/2017 à 17h32

 

Jean D'ORMESSON. - On a beaucoup dit de cette campagne présidentielle qu'elle a été stupéfiante, extraordinaire, atroce, inédite. J'imagine qu'elles sont toutes extrêmement dures, mais la vôtre, me semble-t-il, a été particulièrement cruelle. Je ne suis pas sûr que les deux débats successifs, notamment celui avec les onze candidats, aient pu éclairer les électeurs. Alors que nous sommes à quelques heures du premier tour, quel souvenir gardez-vous de cette campagne?

 

François FILLON. - C'est, jusqu'ici, l'épreuve la plus dure que j'ai dû affronter dans mon existence! Toutes les campagnes présidentielles ont été difficiles depuis le début de la Ve République. Il y a toujours eu de basses attaques, des procès personnels faits aux candidats, de droite la plupart du temps. Mais celle-ci a vraiment été particulière. Cette campagne révèle la crise politique que traverse le pays. Et François Hollande a une responsabilité dans cette situation. Voilà un homme qui n'a jamais vraiment exercé de responsabilités nationales avant son élection et qui, à mon sens, n'a jamais été vraiment un chef de l'Etat. En revanche, c'est un manœuvrier d'une extrême habileté. Un homme qui, tout au long de sa vie, a développé une capacité à monter des coups, tirer les ficelles dans les coulisses, élaborer d'impossibles synthèses pour noyer ses adversaires. N'est-il pas arrivé à cet exploit que cette campagne se déroule sans que jamais son bilan ne soit discuté? C'est incroyable! Il a complètement échoué dans sa politique, il ne peut même pas se représenter tellement son bilan est calamiteux et pourtant on est prié de passer à autre chose comme si son jet d'éponge avait fonctionné comme une ardoise magique!

 

Jean D'ORMESSON. - Exactement! Il y a eu un rejet très fort de François Hollande. Enfin, tout de même, il y a eu 80 % d'opposition à son quinquennat. Tout à coup, on a l'impression que ces 80 % d'opposition à Hollande ont disparu! Et, en fin de compte, ce sont les surgeons de Hollande qui représentent vos concurrents.

 

 

François FILLON. - Parce qu'il n'a pas pu être candidat, il a inventé un candidat pour jouer les prolongations. Il est impossible, aujourd'hui, de croire à cette fable qui fait d'Emmanuel Macron un Brutus.

 

Jean D'ORMESSON. - Emmanuel Macron est une créature de Hollande. Je me rappelle avoir déjeuné avec lui dans les derniers mois de son ministère. Je lui avais dit: «Vous serez acculé à partir à un moment donné. Vous ne pourrez pas jouer la chauve-souris continuellement. “Je suis oiseau, voyez mes ailes. Je suis souris, vivent les rats”.» Certes, il critiquait le gouvernement mais, finalement cela revenait à s'attaquer lui-même. Après tout, il a longtemps été le conseiller économique de Hollande à l'Elysée, puis son ministre de l'Economie.

 

François FILLON. - L'opération Macron a permis d'éviter le débat sur le hollandisme tout en mettant en place une forme de continuité politique avec un candidat se parant des habits de la nouveauté et d'une certaine transgression. Mais le caractère artificiel, voire grossier, de l'opération a été dévoilé. Les changements de pied sont tellement nombreux qu'ils donnent le tournis. Emmanuel Macron a pris position contre la déchéance de nationalité. À l'Assemblée, pendant une séance je lui avais envoyé un petit mot. Je lui écrivais: «Après les 35 heures, l'ISF… vous venez une nouvelle fois sur mes positions. Jusqu'où irez-vous?» Il m'avait répondu: «Mais j'y suis déjà. Voyons-nous.» Evidemment, on ne s'est pas vus, mais il est inquiétant de voir un projet varier de façon aussi considérable pour des raisons de pures tactiques électorales. Mais c'est grâce à cet enfumage permanent que Macron est apparu comme libéral au départ. Du coup, certains de mes amis libéraux ont hésité quand ils ne nous soutenaient pas tous les deux. Quand je leur dis qu'ils ne peuvent pas continuer à le soutenir, compte tenu de ce qu'il propose maintenant, c'est-à-dire un projet qui s'inscrit dans la continuité socialiste, avec énormément de dépenses publiques, pas de diminution du déficit, ils me répondent que cela n'a aucune importance car ce n'est pas ce qu'il fera. Une fois élu il fera autre chose, me disent-ils. Or cette attitude est précisément ce qui jette du discrédit sur la politique.

 

Jean D'ORMESSON. - Quand on vous écoute, on comprend que le seul renouvellement raisonnable, c'est vous. Alors bien sûr, il peut y en avoir d'autres. Avec Jean-Luc Mélenchon, qui a énormément de talent, ou Marine Le Pen, mais ce serait un bouleversement catastrophique. Il me semble que vous êtes le seul à concilier le sursaut national qui s'impose après le quinquennat Hollande et le refus catégorique d'une sortie de l'Europe qui serait monstrueuse pour la France. Que se passe-t-il dans les six mois qui suivent votre élection?

 

François FILLON. - Le pays va très mal et, sans une dynamique de compétitivité très puissante, je pense que nous n'arriverons pas à redresser la situation et à arrêter la glissade. Mon projet vise à agir fortement sur les leviers bloqués de la compétitivité de l'économie française. C'est-à-dire la réforme du marché du travail, la réforme de la fiscalité et les mesures qui amorcent la baisse de la dépense publique. Je sais que ces mesures seront difficiles à prendre mais, en même temps, la campagne a été tellement dure que, si je gagne ce scrutin, il y aura une dynamique pour les élections législatives très puissante qui permettra d'agir vite. L'effet de surprise sera considérable. Une grande partie du système médiatique a tellement répété que je ne pouvais pas être élu que l'impulsion sera énorme. Ma victoire sera vraiment celle d'un pays qui veut reconquérir sa fierté et passer à l'action. Mon élection permet de renouer avec le cours normal de la politique: pour l'élection législative, nous sommes prêts, nous avons 577 candidats issus de l'alliance de la droite et du centre. La gauche dite plurielle sera devenue la gauche plus rien en raison de ses divisions. Les Français comprendront que je n'ai pas accepté pendant trois mois et demi la violence du traitement qui m'a été réservé pour baisser les bras au lendemain de l'élection présidentielle. Si j'ai fait tout ce chemin, c'est pour aller au bout du redressement national. La persévérance que j'ai mis dans cette candidature c'est pour changer notre pays et en faire la première puissance européenne.

 

Jean D'ORMESSON. - Vous avez fait preuve d'une fermeté, d'un courage, d'une audace qui devraient vous rapporter des voix. Mais beaucoup de voix de la droite vous manquent pour le moment. La rumeur a joué contre vous de manière extrêmement forte. Il n'est pas impossible cependant, aucun de nous ne peut le dire avec certitude, que tout le débat se retourne en votre faveur. Si les gens reconnaissent qu'il y a eu des problèmes, ils considèrent aussi que l'acharnement contre vous, dont Mme Angot a été le symbole, est allé trop loin.

 

François FILLON. - Le système, en raison de la concurrence entre les chaînes d'information, de l'immédiateté liée aux réseaux sociaux, agit comme un miroir déformant. L'économie médiatique a besoin de dévorer les événements et les hommes. Cela a fini par se retourner en ma faveur. La première réaction des Français devant l'avalanche d'informations est évidemment de la déception, de l'hostilité ou de la critique, mais il y a un moment où l'acharnement révèle une entreprise systématique de démolition politique.

 

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 Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

 

 

Jean D'ORMESSON. - Vous avez toujours assuré que vous seriez au second tour. Etes-vous toujours aussi optimiste à quelques heures du scrutin?

 

François FILLON. - Plus que jamais!

 

Jean D'ORMESSON. - Plus que jamais?

 

François FILLON. - Oui, pour deux raisons. Tout d'abord, il y a une volonté majoritaire dans le pays d'une alternance en faveur de la liberté et, plus largement, des valeurs que je défends comme l'autorité, la transmission ou la souveraineté. Le deuxième élément qui m'a fait tenir, c'est la mobilisation des électeurs. Cela a été bien peu relayé, mais moi je peux vous dire que dans mes meetings j'ai senti une mobilisation comme je n'en avais jamais connu.

 

Jean D'ORMESSON. - On l'a senti lors du meeting du Trocadéro. On a eu l'impression, dans cette période, que vous aviez touché le fond de la piscine…

 

François FILLON. - C'est assez juste!

 

Jean D'ORMESSON. - … et que vous remontiez. La foule du Trocadéro était très impressionnante.

 

François FILLON. - Le Trocadéro a été un moment absolument clef. La veille, je réfléchissais sérieusement à la question de savoir si je pouvais maintenir ma candidature…

 

Jean D'ORMESSON. - Vous vous êtes posé la question?

 

François FILLON. - Ah oui vraiment, je peux vous le dire. Je suis un homme, je ne suis ni une machine ni un produit de marketing. Le samedi soir, je me suis interrogé. Si la mobilisation avait été faible, je crois que j'aurais renoncé parce que la seule chose qui me donnait de la légitimité et de la force, c'était de retrouver à cet instant crucial le peuple de France. Et puis, rapidement, il s'est avéré qu'il n'y avait pas de plan B. Mon devoir était de me défendre et de faire gagner «une certaine idée de la France».

 

Jean D'ORMESSON. - Un des arguments qui vous est opposé c'est qu'au second tour, face à Marine Le Pen, vous attireriez moins de voix de gauche qu'Emmanuel Macron n'attirerait de voix de droite s'il se qualifiait. En fin de compte, ceux qui défendent cette thèse expliquent que, voter utile contre le FN, c'est voter Macron.

 

François FILLON. - Je récuse totalement cette idée selon laquelle Macron serait un meilleur rempart contre le FN. Je pense même exactement l'inverse ; ce serait faire un fantastique cadeau concédé à Madame Le Pen qui aura vite fait d'endosser la défense, même illusoire, des déçus de la politique et des désespérés de la situation sociale pour nous jouer la France contre les bobos. Le seul et véritable rempart, c'est moi et mon projet contre le déclin national.

 

Jean D'ORMESSON. - C'est un élément qui me paraît important. Vous êtes déjà le mieux placé des candidats en ce qui concerne l'opposition à François Hollande. En tout cas, mieux placé que Macron! Si en plus vous êtes le meilleur rempart contre le FN, cela vous donne un deuxième avantage qui me paraît décisif.

 

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 Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

 

 

François FILLON. - J'ajouterai un autre argument: les élections législatives. Chacun voit bien que Macron est dans l'incapacité de réunir une majorité. Ses candidats internet ne tiennent pas la route une minute. Je ne sais pas combien seront élus, mais ça se comptera sur les doigts de la main. Nos candidats aux législatives sont déjà en place et font campagne. Beaucoup bénéficient déjà d'une forte implantation locale. Les Français doivent comprendre que Macron ne peut pas avoir de majorité. Ou alors, s'il en a une, ça ne peut être qu'une majorité de gauche. Moi, je serai un président avec une majorité d'action cohérente. La France a besoin d'être dirigée, pas d'être gérée selon les méthodes de la IVe République.

 

 

Jean D'ORMESSON. - Emmanuel Macron a commis plusieurs erreurs dans cette campagne. Quand il a parlé de crime contre l'humanité à propos de la colonisation de l'Algérie, quand il a expliqué qu'il n'y avait pas de culture française, évidemment. J'ai trouvé aussi assez ennuyeux qu'il prononce en anglais un discours quand il est allé en Allemagne. Pendant le Brexit! C'est un détail, mais c'est un détail important, je trouve. D'une certaine façon, vous représentez une certaine continuité de l'histoire de France quand Macron représente une continuité de la pensée hollandaise. Une histoire qui, comme disait Napoléon, est solidaire à la fois du Comité de salut public et de Jeanne d'Arc. Je me demande encore pourquoi il a dit qu'il n'y avait pas de culture française.

 

 

François FILLON. - Parce qu'il le croit (rires). Il ne connaît pas la France. Hollande la connaissait, par son ancrage corrézien. Macron, c'est une équipe de financiers et de communicants qui pensent qu'on peut prendre le pouvoir en utilisant des technologies modernes pour faire ce qu'ils ont toujours fait: des fusions-acquisitions (rires).

 

 

Jean D'ORMESSON. - En vous écoutant, on se dit que le plus raisonnable, c'est de voter pour vous. Vous représentez un équilibre entre la continuité française et l'appartenance à l'Europe, entre la culture et la modernité, entre le pouvoir présidentiel et le pouvoir parlementaire. Nous sommes quelques-uns à refuser la sortie de l'Europe et le rejet de l'Europe tout en reconnaissant toutes les difficultés que représente une Europe menacée par la faillite. N'êtes-vous pas le seul à défendre une certaine conception de l'Europe?

 

François FILLON. - Ma filiation politique est souverainiste. Certains s'étonnent et m'interrogent sur le fait que je sois aujourd'hui un défenseur aussi vigoureux d'une Europe puissante. C'est pour une raison simple. Le monde a changé, les menaces qui pèsent sur l'Europe sont considérables: la domination politique américaine, qui s'est accentuée, la domination économique chinoise, qui est sous-estimée, l'instabilité liée au totalitarisme islamique, qui fait peser des risques terroristes et de guerres. Je suis gaulliste: la France doit être souveraine dans une Europe souveraine! Aujourd'hui, notre pays a perdu sa capacité d'influence dans l'Union européenne en raison de son chômage, de ses déficits, de sa faiblesse politique. La France a disparu du pilotage politique de l'Europe, laissant l'Allemagne seule. Or l'Allemagne n'est pas en mesure de diriger l'Europe. Elle est puissante mais inhibée par son passé et paralysée par son système politique fondé sur le compromis, le consensus. Du coup, il n'y a plus de pilote dans l'avion européen. C'est pour cela que je défends une initiative franco-allemande très puissante pour relancer l'Europe autour de quelques priorités stratégiques comme la monnaie, les frontières, la sécurité et la recherche.

 

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Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

 



Jean D'ORMESSON. - La clef de l'avenir de la France et de l'Europe, c'est l'entente franco-allemande. L'essentiel est là. C'est très bien d'avoir une alliance avec l'Angleterre, mais c'est le couple franco-allemand qu'il faut défendre absolument. Nier que l'Angleterre soit liée aux Etats-Unis, c'est absurde. Comme disait Oscar Wilde, ces deux pays ont tout en commun sauf la langue. J'aime l'Italie et la Grèce, la Méditerranée a compté pour moi mais, pour défendre une politique européenne, je me tourne vers la France et l'Allemagne, plus que vers l'Italie ou la Grèce.

 

François FILLON. - La relation entre la France et l'Allemagne est unique. Elle tient à la géographie, à l'histoire, à la culture, au poids des économies. Tous ceux qui ont voulu nier cette relation se sont cassé les dents sur ces réalités. Il n'y a pas de front possible des pays du sud de l'Europe contre ceux du nord, pas d'entente cordiale qui puisse permettre de contrebalancer cette réalité. Il y aura toujours la Manche entre l'Angleterre et nous. Je partage avec vous une grande attirance et une grande proximité avec l'Italie et l'Espagne. Mais c'est justement parce que je les connais bien que je sais qu'il n'y a aucune possibilité de front du Sud.

 

Jean D'ORMESSON. - Je vais vous parler d'un problème que j'ignore complètement mais ne faudrait-il pas remettre sur le tapis la question d'une harmonisation fiscale de l'Europe?

 

François FILLON. - La fiscalité, c'est le cœur de mon projet européen. Je préconise une initiative de la France et de l'Allemagne en faveur d'une harmonisation fiscale dans le cadre de la zone euro. Avec un calendrier précis. En cinq ans, on peut harmoniser la fiscalité des entreprises et en dix ans celle des ménages. Ça ne veut pas dire des fiscalités identiques mais des fiscalités comparables.

 

Jean D'ORMESSON. - À propos de l'Europe, je ne peux m'empêcher de penser à ses racines judéo-chrétiennes et gréco-romaines. Mme Belkacem a fait beaucoup de mal avec le latin et le grec. Je sais bien que Raymond Aron disait qu'on ne pourrait pas défendre éternellement un système éducatif fondé exclusivement sur le latin et le grec, mais il faut absolument garder le latin et le grec comme une excellence liée à nos origines. Je ne suis pas sûr que M. Bayrou ait fait mieux que Mme Belkacem à l'Education nationale.

 

François FILLON. - Notre système éducatif doit revenir à des choses simples, de bon sens. L'école a échoué parce qu'elle a perdu de vue l'essentiel. Une école primaire qui forme aux savoirs fondamentaux, qui hisse les élèves vers l'excellence, assume son autorité, son sens de la transmission des valeurs républicaines. Avant de faire la réforme du système éducatif, il y a une décision importante à prendre: mettre à la tête de l'Education nationale une personnalité qui ait une autorité intellectuelle et académique. C'est fondamental. On ne peut pas demander aux enseignants, qui sont pour beaucoup des gens dévoués et de qualité, de reconnaître une quelconque autorité à des militants politiques sans prestige. Quant à cette place du latin et du grec qui, je le sais, vous tient à cœur comme à beaucoup de nos compatriotes, j'ajouterai qu'il est vain de parler en permanence d'humanisme si on refuse l'apprentissage de nos humanités.

 

Jean D'ORMESSON. - Plusieurs personnes m'ont parlé d'une espèce de froideur que vous auriez montrée à l'égard d'infirmières au cours d'un reportage pendant cette campagne. J'ai été très frappé de la qualité du personnel hospitalier français. Je ne parle pas seulement des mandarins mais aussi des infirmières, des filles de salle. J'ai pu, ayant été malade, constater à quel point ce sont des gens merveilleux. Il faudrait peut-être mettre un peu d'humanité là-dedans, vous ne trouvez pas?

 

François FILLON. - Je n'aurais jamais dû accepter…

 

Jean D'ORMESSON. - Ce déjeuner?

 

François Fillon. - Non (rires). Ce piège de «L'Émission politique» de France 2. C'était un montage, avec des coupes. J'ai le plus grand respect pour le personnel hospitalier. Dans le dialogue avec les infirmiers, j'expliquais qu'on allait recruter du personnel pour les maisons de retraite. Une partie de la souffrance du personnel vient de la désorganisation du système. Si l'hôpital n'était pas devenu le seul lieu d'accueil de toutes les pathologies, les infirmières seraient plus sereines et les personnels hospitaliers pourraient mieux se consacrer à leur travail. On a bureaucratisé le système de santé, tué progressivement la médecine libérale et les alternatives privées. L'hôpital ne peut pas accueillir toutes les urgences, à tout moment. Il faut retrouver un équilibre.

 

Jean D'ORMESSON. - Au fond, je crois qu'on peut dire en conclusion de notre échange que vous êtes le seul souverainiste capable de sauver l'Europe, le seul démocrate qui puisse avoir assez d'autorité pour assurer la sécurité des Français et le seul conservateur qui soit en même temps un libéral.

 

François FILLON. - Il y a une phrase de votre cher Chateaubriand que j'aime beaucoup. Elle est tirée des Mémoires d'outre-tombe: «Le péril s'évanouit quand on ose le regarder.» Tel est bien l'enjeu de cette campagne.

 

 



20/04/2017
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