Ouf, Sarko Est Revenu

Ouf, Sarko Est Revenu

C’EST BRILLANT, C’EST JEAN

 «  C'est sans doute ce que l'on peut le plus reprocher à la faiblesse de François Hollande dans ce grand ébranlement: avoir renforcé les chances d'un régime autoritaire en France. »
Jean d'Ormesson

 

POISSON D'AVRIL

Quand on lit Jean, l’intelligence, ça a l’air facile. Ça a l’air de couler de source. Ça a l’air d’une eau pure, fraîche, pétillante, qui désaltère, qui lave, qui éclabousse aussi Rigolant !

Quand on lit Jean, on rêve d’un grand rite universel, qui plongerait l’humanité toute entière dans un bain d’intelligence sous le regard expert et malicieux de ce nouveau Jean-Le-Baptiste.

Baptisés les combinards professionnels ! Baptisés les magouilleurs égotistes, les méchants ataviques, les moutons panurgiques, les amnésiques opportunistes, hop là ! Tous nettoyés de cette épaisse couche de crétinerie qui leur pourrit la vie (ça, à la limite ...) mais qui, surtout, pourrit la nôtre Incertain

Il resterait bien quelques récalcitrants que la stupidité rassure ... Pas grave, allez, soyons fous, double ration de sacrement pour les irréductibles cons ! Immersion prolongée jusqu’à ce que préjugés, aveuglement, jalousie, médiocrité se noient et disparaissent dans les bas-fonds de la comédie humaine. Quitte à ce que ces hérétiques boivent la tasse et disparaissent eux aussi ... Euh ? J’ai pas dit ça ? Ah si, je l’ai dit Langue tirée.

Bon ! Poisson d’avril, hein !?

LMW

 

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Jean d'Ormesson : «Hollande n'a ni les qualités ni les défauts géniaux de Mitterrand»

INTERVIEW (Par Vincent Tremolet de Villers pour le Figaro Premium du 2 avril 2016) - François Hollande n'est pas César Birotteau, mais il fallait un écrivain pour nous expliquer comment un homme soutenu par la France entière au mois de novembre peut, au printemps, se trouver dans une situation si désolante. Jean d'Ormesson a l'immense privilège d'avoir une œuvre mais aussi une vie. Il observe la comédie humaine aux premières loges et ne cesse de réfléchir, sans préjugé, aux mouvements du monde. Le regard qu'il porte sur les fiascos de la déchéance et de la loi El Khomri est sévère mais profondément juste. Ce qu'il pointe, c'est le triomphe des demi-habiles et des promesses d'estrade. Or, rappelle-t-il, dans sa langue inimitable : «La France n'est pas un conseil régional.»

 

LE FIGARO.- François Hollande a renoncé à réunir le Congrès…

Jean D'ORMESSON.- Cette affaire de déchéance, depuis le début, est une opération de diversion. Les socialistes cherchaient un thème qui permette de ne pas penser aux problèmes tragiques qui se posent aux pays: le chômage qui stagne quand il n'augmente pas (alors qu'il baisse partout en Europe) ; la dette ramenée à 3 % comme le promettait, «croix de bois, croix de fer», Jérôme Cahuzac ; la jeunesse en déshérence, enfin, quand elle était un des thèmes de la campagne de 2012. Pour faire oublier tous ces échecs, on a inventé un certain nombre de gadgets: la réforme de l'orthographe en était un petit, la déchéance de nationalité un gros.

 

En novembre, le Congrès était pour…

Le président de la République s'est très bien conduit au moment des attentats. Il a été acclamé le 16 novembre, et on peut s'imaginer ce qui s'est passé dans son esprit. Voyant la droite et la gauche debout chantant autour de lui La Marseillaise, il a voulu se jeter dans cette possibilité de popularité, emprunter ce nouveau chemin. Las, d'une affaire sérieuse il a fait un outil politicien.

 

Comment?

Les attentats, dans la douleur collective, ont cimenté la nation. De cette unité nationale, cette sorte de «Front républicain», François Hollande a voulu faire un argument électoral. Or, l'émotion était d'un autre ordre. Cet épisode a révélé la clé unique pour comprendre la psychologie du chef de l'État: sa réélection.

 

Depuis les échecs se succèdent…

François Hollande se précipite dans les pièges qu'il a lui-même tendus. Personne ne l'a obligé à lancer à la tribune du Bourget «Mon ennemi, c'est la finance» pour, trois ans plus tard, nommer Emmanuel Macron (pour lequel j'ai une grande estime) au ministère de l'Économie. Personne ne l'obligeait à jouer son mandat sur l'inversion de la courbe du chômage. Personne ne l'a contraint à affirmer à des journalistes, il y a quelques mois, que la déchéance de nationalité est un concept de droite avec lequel on ne joue pas, une ligne rouge qu'on ne franchit pas. Ces grands écarts étaient intenables.

L'opposition n'est pour rien dans son échec. Il a été lâché par sa gauche. C'est parti de loin avec Mélenchon et Duflot et ça s'est rapproché de plus en plus. Taubira, et puis une des figures iconiques du PS: Martine Aubry. Il a promis sans pouvoir tenir ses promesses. Il est maintenant dans une situation navrante.

 

Sur le fond, quelle est votre position?

Ce sujet est très compliqué. Il comporte des dimensions morales, juridiques, diplomatiques. Je suis, moi-même, binational (j'ai un passeport libanais). Il n'y a pas une vérité unique dans cette affaire et l'état du pays ne permettait pas de passer autant de temps sur ces querelles, certes lourdes de symboles, mais qui apparaissent comme byzantines.

 

La réforme du droit du travail a l'air compromise…

Voilà encore une promesse oubliée. À côté des grossières opérations de diversion, il y a deux mots qui sont revenus souvent. C'était il y a deux ans. Il s'agissait des mots «choc» et «simplification». Le choc n'a pas eu lieu et les complications se sont ajoutées à la confusion.

 

Comment expliquer le fiasco de la loi El Khomri?

C'est incompréhensible. «L'ambition dont on n'a pas les talents est un crime», disait Chateaubriand. François Hollande était peut-être un excellent premier secrétaire du Parti socialiste mais cela ne suffit pas pour se hisser, en haute altitude, au niveau d'Obama, de Poutine et de Merkel. Peut-être François Hollande ne voit-il pas ses limites? C'est un homme intelligent, un convive très amusant. Je lui ai souvent dit: «Dès que vous quitterez le pouvoir, je suis prêt à écrire un article pour vous célébrer», mais il faut d'abord qu'il quitte le pouvoir.

 

Il n'a jamais caché son admiration pour Mitterrand…

Mitterrand était un personnage stupéfiant. Il avait des «relations difficiles avec la vérité» (Viansson-Ponté) mais une éloquence qui marque. Souvenons-nous: «Les missiles sont à l'est, les pacifistes sont à l'ouest» ou encore au sujet de l'armée allemande, au Bundestag: «Leur cause était mauvaise mais ils avaient du courage et ils aimaient leur patrie.» C'était un homme d'une habileté merveilleuse et très inquiétante. À en croire Marx, l'Histoire se répète mais la deuxième fois, en grimaçant. Hollande n'a ni les qualités ni les défauts géniaux de Mitterrand. Il ne cesse de sortir de l'ambiguïté à son désavantage. Tout le monde connaît le célèbre principe de Peter: «Tout personnage dans une hiérarchie tente d'atteindre son niveau d'incompétence maximum.» Nous y sommes.

 

Faut-il regretter Mitterrand?

En mai 1981, à la une du Figaro, je l'ai convoqué au tribunal de l'Histoire (c'était sans doute excessif). Je me suis lié, ensuite, avec lui mais je n'ai jamais approuvé sa politique. Je pense qu'il a fait beaucoup de mal à la France. Il était très habile politiquement mais désastreux moralement. Vous savez, on peut apprécier les gens sans partager leur point de vue. J'ai beaucoup d'affection pour Jean-Luc Mélenchon mais je ne partage aucune de ses idées. Mais le vrai désastre, ce n'est pas Mitterrand ou François Hollande, c'est le socialisme.

 

Il ne se porte pas très bien…

Nous assistons à la fin du socialisme français. L'aile gauche s'en va d'elle-même parce que François Hollande n'a pas voulu trancher. Manuel Valls, que le président entraîne dans sa chute, fera peut-être de même. Plutôt que d'espérer être face à Marine Le Pen au second tour, Hollande aurait dû mesurer les bouleversements mondiaux que nous vivons. Demain ne ressemble plus à hier. Dans ce monde si difficile, il n'était pas déshonorant pour lui de renoncer à sa réélection pour entamer les réformes indispensables. Maintenant, c'est trop tard…

 

Le vent souffle à droite?

Tout le monde est passé à droite. Le pays est passé à droite. Le Parti socialiste est passé à droite. L'intellectuel de gauche est mort. De ma petite enfance jusqu'aux années 1990, j'ai vécu sous son règne. Sartre, les communistes, l'antifascisme. Intellectuel de gauche, c'était un pléonasme ; intellectuel de droite, c'était un oxymore. C'est terminé. Ce qui est intéressant, c'est que la droite était assimilée au passé et la gauche à l'avenir. Aujourd'hui, c'est l'inverse. La droite doit inventer notre avenir, tandis que la gauche se bat pour conserver un certain nombre de privilèges, ceux des syndicats et des fonctionnaires.

 

La politique semble comme dévitalisée…

Un phénomène qui dépasse de loin la France est visible à l'œil nu: la rupture entre le peuple et les élites. La méfiance de la population ne cesse de grandir vis-à-vis des hommes politiques et même des journalistes. Il y a des mots que les gens ne veulent plus entendre comme: «choc», «plan», «valeurs républicaines». À cela s'ajoute une réduction impressionnante de la profondeur historique. J'entendais M. Cambadélis dire: «Nous sommes tous des enfants de la Révolution française.» Certes. Mais nous descendons de Clovis, de Saint Louis, de Jeanne d'Arc et de Louis XIV, comme de Robespierre et Danton.

 

C'était mieux avant?

Si ça avait été mieux avant, je serais mort! Je ne suis pas mort puisque la science a fait des progrès. Cette formule ne me convient pas.

 

Qui soutenez-vous à la primaire de la droite?

Je ne suis pas persuadé de l'excellence de ce système. Je n'ai aucun titre pour parler au nom du général de Gaulle mais je pense qu'il aurait été très hostile aux primaires. Ce que je redoute, c'est un premier déchirement avant le grand déchirement de la présidentielle. Je crains que le vainqueur ne reçoive pas les soutiens des vaincus. Mon avis importe peu, j'implore simplement les quatre candidats principaux Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Bruno Le Maire d'appliquer, une fois l'élection passée, le principe des mousquetaires: «Un pour tous, tous pour un!»

 

La primaire : «  Je ne suis pas persuadé de l'excellence de ce système. Je n'ai aucun titre pour parler au nom du général de Gaulle mais je pense qu'il aurait été très hostile aux primaires. Ce que je redoute, c'est un premier déchirement avant le grand déchirement de la présidentielle. Je crains que le vainqueur ne reçoive pas les soutiens des vaincus. » Jean d'Ormesson
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Êtes-vous inquiet pour la culture en France?

Certaines choses vont peut-être disparaître. Il se peut que le langage s'adapte au langage SMS, que les bibliothèques entrent au musée. La survivance de la culture dépend du peuple. Nous sommes en démocratie. Je ne crois pas que le paysan du XVIIe goûtait à Jean Racine, la culture était à la cour. Aujourd'hui, elle est entre les mains des Français. Il faut aussi pour qu'elle perdure que certaines disciplines - dont le grec et le latin - ne disparaissent pas. Elles ne sont peut-être pas nécessaires au plus grand nombre, mais il faut que certains puissent continuer à y exceller. Elles sont le terreau indispensable à une efflorescence dont le grand public profitera.

 

Crise des migrants, attentats, chômage… Êtes-vous inquiet?

Quand j'étais enfant, la misère du monde ne nous était pas étrangère: nous savions que des Chinois mouraient en grand nombre. Quand on est chrétien, la misère des autres nous concerne. Mais les nouvelles du monde n'étaient pas immédiates. Rocard disait: «On ne peut accueillir toute la misère du monde.» Nous ne pouvons pas l'accueillir sur notre territoire mais nous l'accueillons dans notre cerveau, dans nos yeux. Les médias et particulièrement les chaînes d'information en continu sont devenus des agents du pessimisme. Ça dure trois jours et puis ça disparaît et puis ça revient. Régis Debray a cette terrible formule : «La force du djihad est que le service après-vente du terrorisme est assuré par les victimes elles-mêmes.» Même si je fais profession d'optimisme, cette situation délétère m'inquiète. Elle rend possible les scénarios les plus sombres. C'est sans doute ce que l'on peut le plus reprocher à la faiblesse de François Hollande dans ce grand ébranlement: avoir renforcé les chances d'un régime autoritaire en France.

 

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03/04/2016
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