Ouf, Sarko Est Revenu

Ouf, Sarko Est Revenu

LA SI PRÉVISIBLE CONVERSION MÉDIATIQUE

«  Une chose que l'on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu'on ne la connaît pas. » 
Paul Valéry

 

 

C’est vrai des choses inertes et des choses animées que sont les hommes ...

 

MAIS QUI CONNAÎT DONC NICOLAS SARKOZY ?

 

Qui connaît vraiment Nicolas Sarkozy parmi ceux qui le critiquent, le jugent, le honnissent, le haïssent même ?

 

Tout le monde connaît le nom, évidemment, le visage, la voix ...

Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît une rumeur sur lui ...

Tout le monde connaît quelqu’une qui connaît sa femme, sa fille, son chien ...

Tout le monde connaît « les affaires Sarkozy » sans n’avoir jamais rien vu ni même lu sur le sujet, surtout pas les démentis officiels et les non-lieux ...

Tout le monde connaît la tendance qui dicte s’il faut l’aimer ou le détester, parce que tout le monde a accès, au moins une fois par jour, à l’un des vecteurs médiatiques qui fait l’opinion ...

 

Et parmi ces vecteurs médiatiques, journalistes et chroniqueurs radio, télé, presse, numérique, combien l’ont déjà approché, combien lui ont déjà parlé avant de lui tirer le portrait comme on tire un lapin, sans plus de nécessité que de pitié ?

 

Ainsi naissent les légendes. Des fantasmes des hommes et de leur besoin cathartique d’évacuer leurs passions tristes.

Via un bouc-émissaire, un responsable désigné qui cristallise toutes leurs aigreurs et endosse toutes leurs frustrations.

Un médiateur entre eux et le réel, si possible le plus éloigné possible des uns comme de l’autre, de façon à pouvoir lui donner tous les coups sans scrupules ni regrets, jusqu’à l’irréparable.

 

Facile de démolir un mythe iconique. Moins simple quand l’image désincarnée prend vie, s’anime dans un corps, un sourire, une bouche, une main, qui vous parlent et vous touchent, qui respirent en face de vous et vous livrent son humanité aussi imparfaite et donc aussi émouvante que la vôtre ...

 

Voilà ce qui est arrivé à Anna Cabana, qui a suivi l’ancien président dans ses récents déplacements, notamment en Inde. Une  claque. À une journaliste assommée par la réalité, tentant de se débattre avec, pendant trois pages, interminables comme sa gueule de bois.

Dans son article qui se déroule comme un long oxymore, l’admiration le dispute à l’ironie, la critique côtoie l’enthousiasme. Ces antagonismes structurent tout son propos et trahissent sa résistance à l’irrésistible conversion pour celui qu’elle aimerait haïr, comme tout journaliste qui se respecte, ou tout journaliste qui veut être respecté ... par la profession. Mais voilà. Elle, qui l’a déjà approché à maintes reprises, ne peut pas faire fi de cette réalité qui l’a percutée une fois de plus, cette réalité si bien décrite par l’académicien Jean-Marie Rouard après sa rencontre avec l’ancien président : « Ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point il y a eu un malentendu, il y a eu une ignorance, au fond, de la véritable personnalité de Nicolas Sarkozy. (...) C’est un homme vivant ».

 

Un constat partagé par notre journaliste, malgré ses réticences, elle qui finit par conclure son article en ponctuant les déclarations de l’ancien président de cette phrase qui tombe comme un aveu : « Le pire, c'est que c'est vrai. » Rigolant

 

Il en va ainsi dans les deux sens : surprises et déconvenues ! D’ici peu, quand viendra le temps des débats, des rencontres et des campagnes au milieu des vrais gens, certains favoris de papier révèleront, eux aussi, au public, leur vraie nature ... Pas sûre que cela soit à leur avantage Langue tirée ...

 

LMW

 

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15/05/2016
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